Affaire Lyhanna : « Tout est prioritaire, donc rien ne l’est »… Le reproche cinglant des magistrats à Darmanin
Après le meurtre tragique de la collégienne Lyhanna, retrouvée sans vie dans le Gers, les acteurs de la justice française, policiers et magistrats, dénoncent une situation de saturation extrême. Leurs critiques visent directement les injonctions contradictoires et l’inflation des priorités fixées par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Ce dernier a en effet imposé une réexamen urgent d’environ 70.000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, à la suite de ce drame. Les forces de l’ordre se trouvent dans une panique opérationnelle, confrontées à des volumes de travail considérables sans effectifs supplémentaires. Les services, déjà au bord de l’asphyxie, déplorent devoir délaisser d’autres affaires, comme les violences intrafamiliales sur femmes, pour traiter les dossiers assignées comme prioritaires absolues. Sur le terrain, ce manque de hiérarchisation semble faire le jeu du ministre, qui oscille entre des mesures répressives contre le trafic de stupéfiants, très médiatisées et « rentables » politiquement, et des textes répétés sur les violences sexuelles, dont l’application concrète s’avère difficile. Les syndicalistes et procureurs constatent un sous-dimensionnement criant des équipes, avec des effectifs insuffisants pour gérer la masse de dossiers, certains services ne disposant parfois que d’un seul enquêteur. Cette situation fragilise encore davantage un système judiciaire déjà à bout de souffle, incapable de faire face à des attentes contradictoires et disproportionnées.
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