Après la canicule, les politiques « passeront à autre chose », craint le climatologue Jean Jouzel

Dans une interview accordée à *La Tribune dimanche* le 28 juin, le paléoclimatologue Jean Jouzel, ancien vice-président du Groupe d’experts sur le climat (GIEC), revient sur les vagues de chaleur récentes et le risque d’oubli de l’urgence climatique une fois le phénomène passé. Selon lui, si les autorités ont globalement mieux anticipé et géré la canicule — notamment en adaptant les horaires des écoles et en évitant des situations critiques pour les examens —, elles n’ont pas su en tirer les leçons structurelles. Jean Jouzel dénonce un « manque de courage politique » et souligne que, contrairement à la prévention et à la prévision, qui ont progressé depuis la canicule de 2003, « on n’a pas fait de vraies transformations ». Pour le scientifique, l’adaptation au changement climatique ne suffira pas ; il est indispensable de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il appelle notamment à accélérer l’isolation des bâtiments, qui pourrait passer par la rénovation de 700 000 logements par an jusqu’en 2050, et à généraliser les pompes à chaleur, aussi bien dans les écoles que dans les Ehpad. Convaincu que « le GIEC n’a pas exagéré » dans ses scénarios alarmistes, il estime que les événements extrêmes récents, tels que ceux de cette semaine, sont désormais amenés à se reproduire et à se multiplier. Selon lui, l’urgence à court et moyen terme reste de protéger les établissements scolaires et de moderniser le parc immobilier, tout en répondant aux enjeux énergétiques et environnementaux.
Katen Doe

Le HuffPost

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