Après les critiques sur Ceuta, Pedro Sánchez réplique face aux Européens qui l’ont lâché

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a adressé une lettre acerbe aux dirigeants de l’Union européenne, dénonçant une attitude « égoïste » de certains pays face à la crise migratoire à Ceuta. Dans ce courrier, daté du 1er août et consulté par l’AFP, il déplore que ces décisions soient « contraires au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité» et même « à l’encontre des intérêts à long terme de l’Europe». Il réclame en outre une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur des vingt-sept pays de l’UE. Cette prise de position intervient après des tensions accrues avec l’Italie, la Finlande et le Danemark, qui avaient évoqué, jeudi, une suspension de l’Espagne de l’espace Schengen, mesure finalement non applicable. Rome a obtenu le soutien de la Finlande et du Danemark. Parallèlement, Madrid a protesté contre une proposition qu’elle juge « démagogique ». La France a renforcé ses effectifs policiers à la frontière franco-espagnole, tandis que l’Italie a rétabli des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne. Face à cette situation tendue, Pedro Sánchez avait appelé, vendredi, à l’unité des Vingt-sept. Ce samedi, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a assuré que la situation était « quasiment » revenue à la normale, après le retour au Maroc de « presque » tous les migrants arrivés récemment dans l’enclave. Il a néanmoins souligné l’importance de ces événements, qualifiés de « tristes et dramatiques», alors que le bilan humain de la crise est lourd, avec au moins 67 morts en tentant d’entrer dans Ceuta.
Katen Doe

Le HuffPost

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