C’est quoi la méthode du « pâturage illégal » utilisée pour coloniser en Cisjordanie ?
Le Conseil de l’Union européenne a adopté au début du mois de mai des sanctions contre des organisations de colons israéliens extrémistes, accusés de violences envers des Palestiniens et de confiscation de leurs terres en Cisjordanie, notamment par le pâturage illégal. Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues entre l’UE et Israël. Les organisations visées incluent notamment Amana, Nashala, Regavim et Hashomer Yosh, contrôlant des avant-postes et des exploitations agricoles illégales. D’après les rapports de Peace Now et de Kerem Navot, spécialisées sur l’observation de l’occupation, cette méthode de colonisation, soutenue par l’État israélien, se déploie depuis plusieurs années, avec une acceleration notable sous le gouvernement Netanyahou. Les colonies, illégales au regard du droit international, sont installées sans autorisation officielle, mais avec un soutien tacite, et permettent de confisquer des terres palestiniennes, déplaçant bergers et communautés. En fin 2024, plus de 786 000 dounams auraient été saisis, représentant 14 % du territoire de la Cisjordanie, et plus de 100 nouveaux avant-postes ont été établis depuis. Selon les ONG, cette stratégie systématique vise à étouffer l’économie palestinienne et à contraindre les populations à quter leurs terres. Si la France et l’Italie ont dénoncé récemment le traitement réservé à une flotte humanitaire, les sanctions européennes restent pour certains insuffisantes face à l’ampleur de la colonisation.
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