Canicules, sécheresse, incendies... "La solution unique du stockage d'eau ne fonctionne pas", rappelle l'hydroclimatologue Florence Habets
Le gouvernement a annoncé son intention de doubler la capacité de stockage d’eau destinée aux usages agricoles, une mesure qui suscite de vives inquiétudes parmi les experts. Cette annonce, formulée dans le cadre d’un plan visant à renforcer la sécurité hydrique du pays, est perçue par certains comme une réponse insuffisante aux défis structurels de la ressource en eau.
Une des critiques principales émane de la chercheuse interrogée, qui dénonce un manque d’ambition dans la prise en compte de la sobriété. Selon elle, l’accent mis sur l’augmentation des capacités de stockage détourne l’attention de mesures plus urgentes et plus efficaces, comme la réduction des pertes, la modernisation des systèmes d’irrigation ou la modification des pratiques culturales. Cette option de développement de l’offre, jugée coûteuse et énergivore, pourrait, selon ses détracteurs, aggraver la situation à long terme en maintenant une demande élevée en eau, au détriment de préservations qui s’imposent.
Par ailleurs, les impacts environnementaux de tels projets sont loin d’être négligeables. Le creusement de nouveaux réservoirs ou la création de retenues peuvent perturber les écosystèmes locaux, modifier les bassins versants et engendrer des déplacements de populations. Le débat ne porte donc pas uniquement sur l’efficacité technique de la mesure, mais aussi sur sa viabilité écologique et sociale. La question centrale demeure de savoir si cette stratégie, axée sur l’approvisionnement, est la bonne réponse à la rareté croissante de l’eau face au changement climatique.
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