Ces huit fois où le Rassemblement national réclamait une justice implacable contre les élus condamnés
Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, mardi 7 juillet, quelques jours après avoir été reconnue coupable en appel de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens de l’ancien Front national, devenu Rassemblement national (RN). Cette annonce souligne l’hypocrisie du discours « Mains propres et tête haute » porté longtemps par le parti d’extrême droite, qui se définit par une posture de probité et de transparence absolues envers la sphère politique.
Pourtant, la trajectoire du RN est jalonnée de multiples affaires judiciaires impliquant ses cadres, entre autres soupçons de détournement de fonds européens, ou encore l’affaire des kits de campagne et des documents policiers confidentiels. Malgré ces condamnations et mises en examen répétées, le parti n’a jamais hésité à réclamer une justice plus dure pour les autres, tout en exerçant une intransigeance affichée à l’égard de ses propres élus reconnus coupables.
Le cas de Marine Le Pen, candidate malgré son passé judiciaire, renforce ce constat d’incohérence et met à mal la rhétorique vertueuse affichée pendant des décennies. Le RN, créé par son père Jean-Marie Le Pen, avait en effet bâti une part de son identité sur la moralisation de la politique et la présentation d’une image loyale et irréprochable. Or, ses propres procédures judiciaires successives rappellent que les méthodes et les pratiques internes ne correspondent pas toujours à cette image. Face à ce nouvel épisode, le parti apparaît comme une institution confrontée à la contradiction de ses principes, incapable d’appliquer à ses propres membres les standards de rigueur judiciaire qu’il réclame aux autres.
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