Ces pays africains qui refusent le « chantage » américain à la santé
Au printemps 2026, le Ghana refuse de percevoir 109 millions de dollars d’aide américaine destinée au secteur de la santé. La décision, inédite, ne s’explique pas par un refus de fonds, mais par l’opposition aux conditions techniques imposées par Washington, jugées incompatibles avec la souveraineté numérique du pays. En examinant le texte de l’accord, les autorités ghanéennes, emmenées par la Commission de protection des données, ont découvert qu’il permettait à une dizaine d’entités américaines d’accéder à des informations médicales sensibles. Pour Arnold Kavaarpuo, directeur de la commission, accepter cet accord équivaudrait à « confier l’architecture des données de santé du pays à un organisme étranger », soulevant ainsi la question du contrôle et de la confidentialité des données de millions de citoyens. Le Ghana choisit de ne pas céder sur cette ligne rouge et renonce donc à l’aide en dépit de son montant substantiel. Ce refus marque une nouvelle forme de tension entre les partenaires internationaux, où la valorisation et la maîtrise des données personnelles deviennent un point de négociation central. En réponse, les États-Unis n’ont pas annoncé de mesures de rétorsion immédiates, laissant ouverte la voie à une renégociation des accords. D’autres pays africains, comme le Nigeria et le Kenya, sont également confrontés à des accords similaires, suscitant un débat continental sur les conditions des aides sanitaires et la préservation des souveraines décisionnelles.
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