Cinq ans après le retour des talibans au pouvoir à Kaboul, les femmes afghanes toujours invisibilisées
Une délégation des talibans a été reçue en fin de juin à Bruxelles par des représentants de l'Union européenne, selon des informations confirmées par plusieurs sources diplomatiques européennes et relayées par Human Rights Watch (HRW). Cette visite, organisée à l'initiative de la présidence belge du Conseil de l'Union, a suscité la controverse en raison de l'absence de discussion sur les droits fondamentaux, et plus particulièrement sur la situation des femmes et des filles en Afghanistan, sous le régime taliban.
L'organisation de défense des droits humains dénonce dans un rapport publié mercredi que cette rencontre n'a pas abordé la question centrale des violations massives et systématiques des droits des femmes et des filles depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021. Les talibans ont interdit l'enseignement secondaire pour les filles, restreint leur accès à l'université, imposé des vêtements couvrants stricts et renforcé les contrôles sévères sur leurs déplacements.
Pour Human Rights Watch, cette omission est "inacceptable" et traduit "un échec de l'Union européenne à utiliser ses propres normes et principes fondamentaux pour guider ses interactions avec le régime taliban". L'ONU a de son côté annoncé que son envoyée spéciale pour les droits des femmes, Sima Bahous, tiendrait "très prochainement" des consultations avec les autorités afghanes, un signe que la question demeure une priorité diplomatique, même si les contacts se poursuivent en marge des préoccupations éthiques et morales soulevés par de telles rencontres.
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