Comment l’Argentine a effacé son identité noire (et comment son équipe de foot en est l’illustration)

Un incident survenu durant la Coupe du Monde de football a mis en lumière des tensions raciales en Argentine. Hebe Casado, vice-gouverneure de la province de Mendoza, a suscité la polémique en publiant sur le réseau X des propos considérés comme racistes à l'encontre des joueurs français, notamment du Français Kylian Mbappé. Elle a félicité le Paraguay pour sa performance, affirmant que « l’équipe africaine n’a pas de bonnes manières » et exprimant son rejet envers le joueur français. Cette déclaration lui a valu d'être déclarée « non grata » à l'ambassade de France à Buenos Aires. Cet épisode s'inscrit dans un contexte historique plus large. L'Argentine, pays majoritairement blanc, semble avoir effacé une partie de son passé lié aux populations afro-descendantes. Ces dernières ont été victimes, au XIXᵉ siècle, de politiques de "blanchiment de la population" visant à effacer les identités noires. Ces politiques ont contribué à invisibiliser l'histoire des Afro-Argentins, dont les premières traces remontent au XVIᵉ siècle sous la colonisation espagnole. Il y a deux siècles, les personnes noires représentaient près de 20 % de la population, un héritage qui a été délibérément minimisé. Les accusations de racisme, alors que l'équipe argentine, surnommée l'Albiceleste, progresse dans la compétition, rappellent ce trouble passé. L'incident a mis le feu aux poudres, illustrant la persistance de préjugés et le fossé historique concernant la mémoire de la population afro-argentine dans le débat public contemporain.
Katen Doe

L'Obs

L'Obs, fondé en 1964 par Claude Perdriel et Jean Daniel, est un magazine hebdomadaire français d'actualité. Il est issu de France Observateur, qui à son tour est le successeur de L'Observateur politique, économique et littéraire né en 1950.

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