Comment l’Argentine a effacé son identité noire (et comment son équipe de foot en est l’illustration)
Un incident survenu durant la Coupe du Monde de football a mis en lumière des tensions raciales en Argentine. Hebe Casado, vice-gouverneure de la province de Mendoza, a suscité la polémique en publiant sur le réseau X des propos considérés comme racistes à l'encontre des joueurs français, notamment du Français Kylian Mbappé. Elle a félicité le Paraguay pour sa performance, affirmant que « l’équipe africaine n’a pas de bonnes manières » et exprimant son rejet envers le joueur français. Cette déclaration lui a valu d'être déclarée « non grata » à l'ambassade de France à Buenos Aires.
Cet épisode s'inscrit dans un contexte historique plus large. L'Argentine, pays majoritairement blanc, semble avoir effacé une partie de son passé lié aux populations afro-descendantes. Ces dernières ont été victimes, au XIXᵉ siècle, de politiques de "blanchiment de la population" visant à effacer les identités noires. Ces politiques ont contribué à invisibiliser l'histoire des Afro-Argentins, dont les premières traces remontent au XVIᵉ siècle sous la colonisation espagnole. Il y a deux siècles, les personnes noires représentaient près de 20 % de la population, un héritage qui a été délibérément minimisé.
Les accusations de racisme, alors que l'équipe argentine, surnommée l'Albiceleste, progresse dans la compétition, rappellent ce trouble passé. L'incident a mis le feu aux poudres, illustrant la persistance de préjugés et le fossé historique concernant la mémoire de la population afro-argentine dans le débat public contemporain.
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