« Des contraintes disproportionnées » : Netflix, Disney+ et Amazon refusent de financer davantage l’animation française

Les plateformes de streaming américaines Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video ont déposé fin juin un recours auprès du Conseil d’État contre les obligations de financement de la création française qui leur sont imposées par la loi. Cette contestation intervient alors que le décret dit services de médias audiovisuels à la demande (Smad), modifié début 2026, précise le fléchage de l’enveloppe allouée au documentaire, au spectacle vivant et à l’animation, après une grande partie des sommes versées à la production de séries. Ce décret, issu de l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati, vise à contraindre les plateformes à consacrer de 20 à 25 % de leur chiffre d’affaires réalisé en France au financement de créations françaises. Pour les américains, cette nouvelle orientation, qui leur impose de réserver 20 % de leurs contributions obligatoires aux secteurs du documentaire, du spectacle vivant et de l’animation, apparaît comme une contrainte disproportionnée. Ils y voient une atteinte à leur modèle économique et une complexité administrative supplémentaire. Le recours devant le Conseil d’État constitue une nouvelle escalade dans les tensions entre ces géants mondiaux et les autorités françaises. Elles tentent de faire pression pour obtenir des aménagements ou un report des délais, estimant que les délais sont serrés et que les marges affectées à l’animation française sont insuffisantes. Du côté du gouvernement, l’objectif demeure de renforcer la production nationale dans ces secteurs, perçus comme stratégiques, tout en préservant un équilibre avec les modèles d’affaires des plateformes. Cette lutte autour du fléchage des fonds reflète un confit de long terme sur le financement et la promotion des contenus locaux face à la domination des plateformes internationales.
Katen Doe

Le Figaro

Le Figaro, publié à Paris, est un journal quotidien de la presse nationale française. Fondé en 1826 en tant que journal littéraire et satirique, il est considéré comme l'un des plus anciens périodiques encore en circulation dans la presse française.

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