En pleine vague de chaleur, Donald Trump revoit à la baisse la protection des travailleurs américains

Aux États-Unis, la question de la régulation de la chaleur au travail fait débat entre la Maison-Blanche, le Congrès, les syndicats et les entreprises. Sous l’administration Biden, un projet de règle fédérale avait été élaboré pour imposer, à partir de 80 degrés Fahrenheit (environ 26,7 °C), des obligations précises aux employeurs : organiser des pauses, garantir l’accès à l’eau et prévoir des espaces de repos, avec des mesures renforcées pour les températures plus élevées. L’objectif était de définir un socle commun pour les métiers exposés, alors qu’aucune norme fédérale spécifique n’existait auparavant, l’Agence pour la sécurité et la santé au travail (OSHA) n’intervenant qu’en cas de maladies ou de décès. Plusieurs États, comme la Californie, l’Oregon ou le Maryland, avaient déjà adopté leurs propres règles. Donald Trump, revenu à la présidence, n’a pas annulé le projet, mais a choisi de le réécrire. En juin 2025, son administration a maintenu les audiences publiques, tout en amorçant une procédure réglementaire assortie de « modifications importantes » devant être précisées d’ici fin d’année, avec une nouvelle norme possiblement adoptée en 2027. Parallèlement, la pratique des inspections a été assouplie : l’OSHA a réduit ses objectifs chiffrés de contrôle, enregistrant une baisse d’environ 20 % sur une période de six mois en 2025 par rapport à l’année précédente. Cette évolution intervient alors que les syndicalistes dénonquent les difficultés de signalement des salariés, notamment parmi les travailleurs immigrés et peu rémunérés, par crainte de pertes d’emploi ou de contrôles migratoires. En l’état, les inégalités persistent, et la question centrale demeure de savoir à partir de quel niveau de chaleur l’employeur doit officiellement prendre des mesures.
Katen Doe

L'Express

L'Express, fondé en 1953 par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, est un hebdomadaire français axé sur l'actualité. Il défend les principes du libéralisme économique et adopte une position politique de droite.

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