En voiture, les ceintures de sécurité ne sont pas adaptées aux femmes enceintes et c’est un vrai problème

Une récente étude menée par des ingénieurs biomédicaux de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et publiée mi-juillet 2026 au Congrès mondial de biomécanique à Vancouver interroge la difficulté pour les femmes enceintes à utiliser correctement la ceinture de sécurité. Sur 333 participantes, seules 11,4 % ont réussi à attacher leur ceinture conformément aux recommandations, même après avoir reçu des instructions spécifiques. Les chercheurs constatent que, avec l’avancée de la grossesse, la sangle basse a tendance à glisser sur l’abdomen et la partie haute ne reste pas correctement centrée sur la poitrine, en raison du déplacement du centre de gravité. Cette difficulté entame l’efficacité du dispositif, conçu en 1959 et peu adapté aux spécificités anatomiques des femmes enceintes. D’autres travaux, dont une étude australienne publiée l’an dernier dans Nature, confirment ce constat : sur 1 491 femmes enceintes, moins de la moitié ont correctement positionné la ceinture. Pourtant, la ceinture reste indispensable. Une étude de 2008 dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology montre qu’en cas d’accident, elle réduit significativement les risques pour le fœtus : chez les femmes non ceinturées, 80 % perdent le fœtus, contre 29 % lorsque la ceinture est portée, et le risque de fausse couche diminue fortement. Les experts, dont le Dr Peter Cripton de l’UBC, soulignent l’urgence d’adapter les dispositifs aux femmes enceintes. Ils préconisent une sangle abdominale plus large et mieux positionnée, l’utilisation de matériaux élastiques et le développement de mannequins de crash-test représentant la morphologie féminine, alors qu’actuellement seuls quelques constructeurs, comme Mercedes-Benz ou Volvo, en intègrent dans leurs tests.
Katen Doe

Le HuffPost

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