« Etre homosexuel, c’est vivre caché ou en danger » : au Sénégal, la multiplication des appels à l’aide vers la France depuis le durcissement des peines
Depuis l'adoption en mars dernier d'une loi renforçant les peines pour les relations homosexuelles au Sénégal, des personnes LGBT+ craignant des persécutions quittent le pays. Cette décision a créé un climat de peur et d'angoisse, caractérisé par une atmosphère prétendument irrespirable où le rejet social et les inquiétudes pour la sécurité personnelle se sont intensifiés. Les autorités locales et les discours haineux, relayés notamment par certains médias, ont amplifié ce sentiment de détresse.
Plusieurs associations spécialisées dans l'aide aux personnes homosexuelles, telles que Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge, ont annoncé une coordination accrue pour faire face à la hausse des demandes d'asile. Des témoignages recueillis auprès de personnes en détresse, comme celui de Chérif, illustrent cette décision de fuite. Il évoque la crainte d'une arrestation imminente, le sentiment de devoir fuir son pays natal pour la France, et les gestes précautionneux qu'il a dû adopter, comme la destruction de preuves numériques compromettantes, après l'arrestation d'un proche.
Le débat concerne un projet de loi initié par l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, désormais Premier président de l'Assemblée nationale, qui a abouti à un durcissement juridique. Ce dernier est passé de cinq à dix ans de prison pour les actes homosexuels. Cette situation a conduit à une multiplication des appels à l'aide auprès des associations, alors que des individus choisissent l'exil pour échapper à des poursuites judiciaires et à un rejet affirmé au sein de leur propre société.
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