Fragilisé, le gouvernement renvoie la question de l’adaptation au climat à ses successeurs

Face à la canicule persistante qui frappe la France depuis une semaine, le gouvernement tente de rassurer la population tout en reconnaissant ses limites. Sébastien Lecornu, premier ministre, a convoqué une réunion d’urgence et sollicité ses ministres pour des « propositions » sur « la manière de vivre dans le pays » en période de fortes chaleurs. Sans toutefois entrevoir une action décisive immédiate, il se tourne vers ses successeurs, plaidant pour des investissements structurants à long terme, notamment dans les réseaux urbains, d’eau et SNCF. Cette démarche met en lumière le retard critique de la France en matière d’adaptation au changement climatique, un sujet brûlant où l’exécutif manque de marges de manœuvre. Si des mesures ponctuelles ont été prises, comme un budget défense accru ou l’actualisation de la loi de programmation militaire, le financement de la transition écologique a été rogné. Parallèlement, l’impulsion politique reste faible, le gouvernement n’ayant pas manifesté d’engagement massif en faveur de la cause climatique depuis son arrivée, selon les critiques. Dans ce contexte, les membres de l’exécutif actuels, dont la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, évoquent un « mur d’investissements » nécessaire, à charge pour les suivants de porter cette réforme. Certains macronistes dénoncent déjà les conséquences de cette gestion à court terme, soulignant les retards accumulés dans la rénovation des écoles et l’adaptation du territoire. L’impuissance du gouvernement face à la canicule alimente un débat politique tendu, où la question du changement climatique se reporte à la prochaine élection présidentielle, au risque de creuser le fossé entre les discours et les réalités du terrain.
Katen Doe

Le HuffPost

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