Gabriel Attal a-t-il vraiment empêché la commande de deux Canadair en 2024 ?

L’ancien Premier ministre Gabriel Attal est au centre d’un débat sur les moyens de la Sécurité civile et l’approvisionnement en Canadair, ces avions bombardiers anti-incendies essentiels à la lutte contre les feux de forêt. En 2022, Emmanuel Macron avait annoncé le remplacement des douze appareils existants par seize nouveaux Canadair d’ici la fin du quinquennat, mais l’échéance est repoussée à 2033. Entre-temps, des coupes budgétaires ont fragilisé, voire empêché, la commande de nouveaux appareils, selon un rapport parlementaire de 2025. En février 2024, le gouvernement Attal a annulé près de 53 millions d’euros destinés à l’acquisition de deux Canadair supplémentaires, dans le cadre d’une volonté de réaliser des économies pour répondre à la dégradation des comptes publics. Cette décision a été critiquée par plusieurs acteurs politiques, qui l’accusent de mettre en péril la capacité de la France à faire face aux incendies de forêt de plus en plus fréquents et de ne pas respecter les engagements pris après l’incendie historique de Gironde en 2022. Gabriel Attal a défendu ses positions, arguant que les Canadair évoqués étaient en réalité obtenus via le mécanisme Resc UE, financé en grande partie par l’Union européenne et négocié sur plusieurs années, et en a rappelé la dimension souveraine. La France ne disposant pas aujourd’hui de capacité de fabrication, les appareils doivent être produits au Canada, ce qui soulève des interrogations sur leur disponibilité future face à la montée des risques incendie en Amérique du Nord.
Katen Doe

Le HuffPost

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