« Il a objectivement des raisons d’avoir peur » : acculé, menacé même en Russie, Poutine crée sa forteresse
Un attentat à la bombe, le 1er août, a visé le général Alexandre Tchaïko, ancien commandant des forces russes en Syrie, alors qu’il dînait dans un restaurant chic de Moscou. Cette attaque, attribuée à des drones ou services de renseignement ukrainiens, a marqué une nouvelle étape dans la série d’assassinats de hauts responsables russes ces derniers mois. Pour la première fois, les auteurs frappent non plus seulement des officiers de second rang, mais portent leur action directement contre des figures proches du pouvoir, jetant un jour inédit sur la vulnérabilité même du système sécuritaire russe.
Face à cette intensification de la menace, Vladimir Poutine a pris la mesure de la situation. Les drones ukrainiens survolant Moscou et la démonstration de capacité adverse creusent la perception d’un étau se resserrant autour de son entourage. Pour le maître du Kremlin, la réponse ne se limite plus au renforcement de sa garde personnelle. Il transforme progressivement sa sécurité, et la gestion de la menace, en une méthode de gouvernement central.
Cette évolution traduit une adaptation constante face à des pertes inacceptables au sein de l’establishment militaire et sécuritaire. Les autorités russes peinent à endiguer ces pertes symboliques et tactiques, qui fragilisent le contrôle absolu prétendu sur le territoire. L’incapacité à protéger ses propres cadres de haut rang renforce l’image d’une puissance affaiblie, tandis que la personnalité même de Poutine, de moins en moins présente physiquement, se moule dans une sécurité devenue le fondement même de son style de gouvernage.
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