« Il n’y a personne dehors pour donner » … Pour les sans-abri aussi, la canicule représente un « manque à gagner »
Les canicules de cet été exacerbent la précarité des personnes sans-abri en France, privant une population déjà vulnérable de ses maigres revenus. En raison des fortes chaleurs, les citadins se réfugient chez eux, réduisant drastiquement la fréquentation des rues et les occasions de dons pour les mendiants. Les commerces, les transports en commun et les zones touristiques enregistrent une baisse de fréquentation significative, confirmée par plusieurs études, la fréquentation parisienne chutant jusqu’à 20 % lors des pics de chaleur. Les sans-abri, majoritairement concentrés en zone urbaine, en pâtissent deux fois : d’une part, ils perdent leur lieu de collecte et leurs « habitués » ; d’autre part, ils sont contraints de changer d’emplacement pour trouver de l’ombre, ce qui réduit leur visibilité et brise les liens de confiance construits avec les donateurs. Certains fuient ainsi les artères ensoleillées pour des boulevards ombragés, parfois au péril de leur sécurité.
Parallèlement, l’isolement thermique et le stress accru modifient les comportements, les passants étant de mauvaise humeur et pressés, ce qui diminue encore les opportunités de collecte. Les recettes journalières s’effondrent, parfois divisées par cinq, et les quelques euros récoltés ne suffisent pas à couvrir les dépenses accrues liées à la canicule, comme l’achat d’eau ou de vêtements. Si les températures baissent enfin, l’espoir d’un retour à la normale reste mince, car l’argent perdu ne se rattrape pas. Pour ces fragiles, chaque canicule est une période meurtrière tant sur le plan sanitaire que économique.
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