Jean-Pierre Massias, président de la commission, Bétharram : « Toutes les institutions ont failli dans leur devoir de contrôle »
Un rapport publié par une commission indépendante, portant sur les violences sexuelles et physiques survenues à Bétharram, pointe du doigt un véritable « système institutionnel de violences ». Rédigé par la commission présidée par Jean-Pierre Massias, ce document analyse les mécanismes qui ont permis à des abus de se répéter pendant de longues années au sein de la communauté religieuse. Selon le responsable, l’expression reflète un phénomène déjà identifié par d’autres instances, qui légitime et étouffe les agressions au-delà de la seule responsabilité individuelle.
À Bétharram, la conjonction de plusieurs facteurs a amplifié ce système. La congrégation y est profondément ancrée dans un territoire où l’influence de l’Église et des notables locaux n’est pas remise en question. Les liens solides et parfois solidaires se sont révélés être un obstacle supplémentaire à la dénonciation et à la prise en charge des faits. La culture du silence a ainsi perdurée, protégeant les agresseurs et rendant quasi illusoire toute prise de conscience au sein de l’institution.
Cette publication intervient dans un contexte plus large de graves crises sanitaires et morales au sein de l’Église catholique. Le rapport est perçu comme un exemple typique, susceptible d’inciter les institutions religieuses et les pouvoirs publics à engager des réformes profondes. Jean-Pierre Massias espère que ce cas extrême permettra de briser des schemas institutionnels durables, afin d’éviter que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent ailleurs, mettant en lumière la nécessité d’une transparence totale et d’une volonté de changement au sein de certaines structures religieuses.
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