L’entrée de Marc Bloch au Panthéon ramène le RN à ses origines (et l’oblige à se justifier)

L’entrée de l’historien et résistant Marc Bloch au Panthéon, célébrée mardi 23 juin en présence de son épouse Simonne, a tourné à la controverse en raison de la participation de personnalités politiques. Le Rassemblement national (RN) a été évité par les descendants de Marc Bloch, jugeant incompatible la présence de cette formation d’extrême droite à une cérémonie républicaine. Suzette Bloch, sa petite-fille, a déclaré sur France Inter que ses grands-parents avaient été assassinés par des Waffen-SS, dont les héritiers, selon elle, animaient aujourd’hui le RN. Cette déclaration a suscité une vive réaction au sein du parti, ses responsables rejetant ces accusations et dénonçant des propos «indignes et faux». Plusieurs figures du RN, dont Laure Lavalette et Jean-Philippe Tanguy, ont annoncé envisager des démarches auprès de l’Arcom. Par ailleurs, des éditorialistes de droite et d’extrême droite ont critiqué cette commémoration, y qualifiant d’«indécent» d’associer un mort pour la Résistance à l’antifascisme. Jean-Luc Mélenchon a lui aussi rappelé les origines du FN, créé par d’anciens collaborateurs et Waffen-SS, et a exhorté Jordan Bardella à «réviser l’histoire de son propre parti». En tentant de se distancier de son passé, le RN aurait détourné la conversation en accusant à son tour la gauche d’avoir trahi la mémoire de Bloch. D’autres réactions mettent en lumière la présence de figures connues pour des propos antisémites au sein du parti. Ces tensions illustrent la difficulté pour le Rassemblement national de légitimer pleinement sa transformation.
Katen Doe

Le HuffPost

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