L’inflation vertigineuse du nombre de satellites en orbite autour de la Terre
L’« Atlas des communications » de Courrier international explore l’évolution de l’exploration spatiale et des systèmes de communication par satellite. Après le lancement historique de Spoutnik en 1957, la course spatiale a longtemps été l’apanage des superpuissances, avant de s’élargir dans les années 1960 et 1970 à des pays comme le Canada, le Royaume-Uni, l’Italie et la France. Si le secteur est resté longtemps marginal, réservé aux satellites de défense et d’observation de la Terre, l’ère numérique a bouleversé la donne. La miniaturisation des engins et l’arrivée de nouveaux acteurs privés, notamment américains, ont accéléré les lancements. Depuis 2020, les petits satellites de télécommunication connaissent une croissance exponentielle.
Autrefois, la communication par satellite reposait sur de gros engins en orbite géosynchrone, à 35 786 km d’altitude, ce qui occasionnait latence et coûts. Aujourd’hui, les petits satellites en orbite basse, à environ 500 km, permettent des débits comparables à la fibre, grâce à des constellations interconnectées. En tête de ce marché, SpaceX a lancé près de 12 000 satellites pour sa constellation Starlink, et prévoit d’en déployer plusieurs dizaines de milliers, creusant ainsi son avance sur ses concurrents comme OneWeb.
Si cette expansion offre des opportunités, elle soulève aussi de graves questions. André Füzfa, universitaire belge, relève dans L’Écho que chaque lancement aggrave la pollution des orbites et le risque de collisions, pouvant déclencher une chaîne de débris susceptible de paralyser des infrastructures critiques, allant du GPS aux services d’urgence, en passant par la météorologie. Cette course effrénée à l’espace impose donc de repenser les équilibres entre innovation, sécurité et responsabilité.
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