L’instrumentalisation de la situation à Ceuta vire à la caricature, de l’extrême droite à la macronie
Ces derniers jours, près de 40 000 migrants, majoritairement des jeunes hommes et des adolescents, ont traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta, dont une trentaine auraient trouvé la mort noyés. Cette arrivée massive a suscité une vague de réactions politiques, notamment en France, où des responsables de l’extrême droite et de la droite macroniste ont rapidement dénoncé une «déferlante migratoire» et critiqué le gouvernement français sans se référer au drame humain. Certains élus ont ciblé le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et réclamé des mesures restrictives à l’égard de l’immigration.
Les autorités françaises, dont le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez et le président Emmanuel Macron, ont annoncé un renforcement immédiat des contrôles aux frontières, notamment avec l’Espagne, et ce, en dépit du caractère non direct de l’espace Schengen pour ce pays. Ces déclarations et décisions visent à satisfaire les appels des forces politiques réactionnaires, accusées par ailleurs d’utiliser l’image de la crise à des fins idéologiques.
Sur le terrain, la situation résulte selon plusieurs sources, dont l’AFP, d’une nouvelle brouille diplomatique entre Madrid et Rabat, renforcée par une visite récente du Premier ministre espagnol en Algérie. Le flux migratoire ne correspondrait donc pas à un plan de régularisation exceptionnel annoncé par le gouvernement espagnol, celui-ci ayant pris fin en juin dernier. Des migrants auraient été informés, à la frontière, d’une ouverture de celle-ci, ce que les autorités espagnoles démentent. Des accords précédents avaient déjà conduit, en 2021, à des passages massifs lors de tensions diplomatiques similaires.
Le HuffPost
20 Minutes
Le Monde
France Info
BFM
Capital
Challenges
Courrier international
Europe 1
L'Équipe
L'Express
L'Humanité
L'Obs
La Croix
La Tribune
Le Figaro
Le Parisien
Le Point
Les Echos
Libération
Marianne
Public Sénat
RTL