Le retour de bâton contre l’IA pourrait être brutal aux États-Unis

Les inquiétudes croissantes aux États-Unis autour de l’intelligence artificielle (IA) ont trouvé un écho sur les bancs du Sénat, où figures politiques aussi divergents que Steve Bannon et Bernie Sanders convergent sur un diagnostic : l’IA constitue une menace sérieuse pour la classe ouvrière. Le sénateur du Vermont y a vu une volonté affichée de remplacer les travailleurs, pointant du doigt les oligarques technologiques, tandis que l’ancien conseiller de Donald Bannon y a dénoncé, lors d’un podcast, l’aveuglement de la Silicon Valley vis-à-vis des conséquences sociales. Cette crainte n’est pas l’apanage d’une aile spécifique, puisqu’elle est largement partagée, de gauche comme de droite, et s’illustre par un méfiance grandissante dans les sondages. Cette tension a déjà débouché sur des actions concrètes, parfois radicales. Le Maine a instauré un moratoire sur les data centers, une décision rare aux États-Unis, et des mouvements locaux ont permis l’annulation de nombreux projets au premier trimestre 2026. Les oppositions ne se limitent pas aux démarches légales, certaines ayant dégénéré en actes de sabotage, comme en atteste la tentative d’incendie visant la résidence d’un élu d’Indianapolis en avril, ou des menaces directes contre des responsables et des infrastructures. Si les discours technologiques évoquent un déclin imminent de l’emploi, certains observateurs y voient une stratégie de « IA-washing  » pour justifier des suppressions de postes. Pour le moment, l’IA reste avant tout un moteur financier, mais la colère pourrait rapidement surgir si des pertes massives d’emploi surviennent. Les élections de mi-mandat approchent, et les campagnes politiques ne manquent pas d’exploiter cette peur, de manière à mobiliser des électeurs mécontents, tout en suscitant des résistations au sein même du camp progressiste.
Katen Doe

Courrier international

Courrier international, un journal hebdomadaire français d'information, a été créé en 1990 et est publié chaque jeudi. Son contenu est principalement constitué de traductions d'articles provenant de la presse étrangère. En 2018, il a été vendu à 157 160 exemplaires en France, avec une diffusion totale de 169 265 exemplaires.

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