« Nous, médecins de famille, refusons la médecine de supermarché »
L'association médicale internationale Wonca, qui réunit cette semaine à Paris des professionnels de la santé du monde entier, utilise le terme de « médecin de famille », alors que ce vocable est quasiment tombé en désuétude en France. Ici, on lui préfère l'expression « médecin généraliste », une nuance qui souligne une divergence conceptuelle profonde sur le rôle et la valeur de cette activité. Pour les membres de l'organisation, ce titre incarne une reconnaissance planétaire de 500 000 praticiens dans 130 pays.
Au-delà d'une simple question de langage, ce débat révèle une fracture sociétale sur la perception de la médecine. Si le « médecin de famille » européen insiste sur une relation de confiance durable, fondée sur la connaissance approfondie du patient et son suivi global, la montée en puissance des plateformes de prise de rendez-vous en ligne et des consultations à la demande bouleverse cet équilibre. Ces nouveaux acteurs, bien que répondant à un besoin d'accès immédiat, favorisent une logique de consommation où le patient cherche un créneau vide plutôt qu'un soin personnalisé.
Cette dérive engendre deux crises collatérales : une surcharge du système par des consultations fragmentaires et superflues, et une perte de sens pour les médecins généralistes, réduits à de simples prestataires interchangeables. Les signataires de ce texte, médecins de famille mobilisés, dénoncent les dérives d'un modèle économique basé sur le volume, qui menace l'efficience du système de santé. Ils plaident pour une reconnaissance officielle de la médecine de famille en tant que pilier central d'un système solidaire et humain, et exigent que les outils numériques servent le suivi de proximité plutôt que de simples transactions éphémères.
La Croix
Libération
L'Express
France Info
20 Minutes
BFM
Capital
Challenges
Courrier international
Europe 1
L'Équipe
L'Humanité
L'Obs
La Tribune
Le Figaro
Le HuffPost
Le Monde
Le Parisien
Le Point
Les Echos
Marianne
Public Sénat
RTL