« On trie les hommes entre “bons” et “mauvais”, ce qui met la majorité d’entre eux à l’abri d’une critique structurelle »
Dans un essai publié fin mai 2026, intitulé « En finir avec l’homme nouveau. Critique des masculinités modernes », les chercheuses Mélanie Gourarier et Laura Verquere interrogent la montée en puissance d’une figure née du sillage du mouvement #Me Too : celle de l’« homme nouveau », se réclamant d’un féminisme affirmé et se présentant comme l’héritier du patriarcat. Pour les auteures, cette posture, qui consiste à se déclarer « déconstruit », est avant tout un piège.
Selon elles, cette nouvelle catégorie d’hommes, souvent mise en avant comme solution aux problèmes des femmes, ne se traduit pas par un changement structurel de la société. Plutôt que de remettre en cause les fondements mêmes du patriarcat, ces hommes s’en approprient les symboles, créant une « figure qui sature l’espace et fait diversion », déplorent-elles, dans un entretien réalisé dans le cadre de leur recherche.
Le sujet a notamment été rencontré par l’une d’elles lors d’un travail portant sur la question de l’allongement du congé paternité. À l’époque, des figures de « nouveaux pères » étaient présentées comme la réponse miracle aux carences des systèmes de parentalité. Gourarier et Verquere constatent, aujourd’hui, un « agacement politique » face à cette surreprésentation. L’ouvrage, édité par La Déferlante, propose donc une critique détaillée de ces « masculinités modernes », qui, selon elles, risquent de freiner l’avènement d’une véritable égalité en se moulant dans une logique marchande et sécuritaire, sans véritablement bouleverser les rapports de pouvoir établis.
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