Pascal Picq, anthropologue : « Nous menons une guerre effarante contre les femmes »
L’anthropologue Pascal Picq analyse, dans un essai publié en juin 2026, les fondements des violences sexistes et sexuelles (VSS) et du féminicide. Il conteste l'idée que ces fléaux découlent de l'évolution, de la biologie ou des hormones, les considérant comme des constructions sociales profondément enracinées dans le système patriarcal. Plutôt que des phénomènes naturels, ces violences sont le résultat de structures culturelles et historiques qui légitiment la domination masculine et la répression des femmes.
Picq mobilise un regard d'anthropologue pour documenter l'ampleur de ce « continent sombre », où des pratiques de coercition et de silence se perpétuent au sein de divers milieux, professionnels, éducatifs, artistiques ou religieux. Son propos sert de contre-discours à une vision romantique ou minimisée des relations hommes-femmes, en révélant la banalité et la gravité de ces agressions longtemps normalisées. Le travail de l'académicien met en lumière la manière dont l'omerta et la tolérance sociétale ont permis le développement de ces fléaux.
Cette publication intervient à un moment charnière, marqué par la prise de conscience collective impulsée par le mouvement #MeToo. Grâce à la persévérance de militantes, un langage spécifique a émergé pour nommer les réalités auparavant refoulées. Les VSS et le féminicide, longtemps ignorés ou minimisés, sont aujourd'hui reconnus comme des problèmes systémiques. L'ouvrage de Pascal Picq vient ainsi nourrir ce débat public, offrant une analyse fouillée qui rappelle que la lutte contre les violences sexistes exige une transformation profonde des modèles patriarcaux, et non une simple adaptation des comportements individuels.
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