Plus de viande, de boissons sucrées et d'aliments ultra-transformés... Ce sont les jeunes de moins de 30 ans qui émettent le plus de CO2 en mangeant, selon une étude mondiale
Une étude sino-néerlandaise publiée dans *Nature Food* analyse l’impact carbone de l’alimentation à l’échelle mondiale, en croisant des données sur 149 pays couvrant la période 2000-2019. Plusieurs constats se dégagent de cette recherche, qui s’intéresse particulièrement aux liens entre âge, revenu et émissions de gaz à effet de serre. Si les jeunes consomment plus de viande, de produits laitiers et d’aliments ultra-transformés, ce sont les populations les plus âgées qui représentent une part croissante des émissions alimentaires. Cette tendance s’explique par leur espérance de vie accrue et leur nombre grandissant, alors que leur consommation par individu demeure plus polluante.
Ainsi, bien que les séniors (plus de 60 ans) aient des régimes moins impactants lorsqu’ils sont pris individuellement, leur poids global dans le total des émissions s’accroît. En 2019, ils représentaient 26,5% des émissions en Europe et ont contribué à 25% de la hausse globale entre 2000 et 2019. La croissance démographique reste le principal moteur de l’augmentation des émissions, amplifiée par la hausse des revenus, qui incite à adopter des choix alimentaires plus carnés, particulièrement en Chine, au Brésil ou dans les pays riches.
L’étude note cependant des exceptions. En Afrique subsaharienne, l’augmentation des émissions est surtout liée à la croissance de la population, tandis que dans certaines régions d’Europe, les revenus n’ont pas suffisamment progressé pour influencer la consommation. Paradoxalement, ce sont les choix alimentaires des Européens, avec une forte consommation de viande et de produits laitiers, qui expliquent l’essentiel de leur empreinte carbone.
Les auteurs concluent en préconisant une action de prévention auprès des plus jeunes et en appelant à des solutions adaptées aux contextes locaux, plutôt qu’à une réponse unique à l’échelle mondiale. L’objectif est d’infléchir les habitudes alimentaires vers des options plus durables, alors que le secteur de l’alimentation représente jusqu’à 28% des émissions dans certains pays développés.
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