Pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, il faudra contrôler… tout le monde
Le gouvernement français a adopté une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux, dont Instagram et TikTok, aux mineurs de moins de 15 ans à la rentrée scolaire 2026. Cette mesure, portée par Emmanuel Macron pour clore son second mandat, représente une réponse politique visant à protéger la jeunesse des risques associés aux plateformes en ligne. Le texte a franchi les dernières étapes du processus législatif, passant par l’Assemblée nationale et le Sénat, après un examen en commission mixte paritaire.
Cependant, cette décision rapide soulève de sérieuses questions quant à sa méthode et à son efficacité. L’application d’une « coupure pure et simple » semble ignorer les conséquences potentiellement délétères d'une telle mesure, notamment la difficulté de son contrôle et les risques de contournement. Des observateurs mettent également en doute sa conformité avec le droit constitutionnel, certains évoquant un possible détournement de pouvoir ou un recul des libertés individuelles. La faisabilité opérationnelle est un autre point d’ombre, alors que les outils techniques pour vérifier l’âge des utilisateurs restent imprécis et complexes à déployer.
La décision semble davantage emblématique, traduisant une volonté politique de rassurer une opinion publique inquiète par les dérives des réseaux, qu’elle ne ne repose pas sur une analyse approfondie des effets de bord. En choisissant une solution radicale mais fragile, le pouvoir exécutif risque de créer plus de problèmes qu’il n’en résout, suscitant des interrogations sur la pertinence d’une telle mesure restrictive et sur son véritable impact auprès des adolescents.
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