Qui sont les « dark wokes », ces militants américains de gauche à l’ironie décapante ?

Aux États-Unis, une frange de l’aile démocrate adopte une stratégie de riposte très agressive sur les réseaux sociaux, se distanciant du discours traditionnel « When they go low, we go high » de Michelle Obama. Ce mouvement, désigné par le terme anglais « dark wokes », privilégie l’humour satirique, la moquerie et la multiplication des mèmes au long discours explicatif face aux attaques de l’extrême droite et des supporters de Donald Trump. Cette tendance, née d’un ras-le-bol d’être assimilés à une gauche moralisatrice, se manifeste par des réponses sans complexes. Des figures emblématiques comme la députée Alexandria Ocasio-Cortez, le gouverneur de Californie Gavin Newsom, ou encore le président Joe Biden lui-même, ont opté pour cette rhétorique de combat. Des tee-shirts anti-Trump signés par Gavin Newsom ou des répliques lacérantes comme le fameux « cry harder » de la part d’Alexandria Ocasio-Cortez illustrent ce changement de ton. L’objectif est de contrer « les saillies républicaines » et l’humour débridé de l’extrême droite par une communication tout aussi percutante, utilisant les mêmes outils que les trolls, notamment à travers la génération de mèmes et de contenus ironiques. Cette stratégie, qui capitalise sur des alter ego numériques comme « Dark Brandon » pour Joe Biden, témoigne d’une volonté délibérée de ne plus subir les accusations de moralisme, mais de riposter sur le terrain du jeu et de l’humour, quitte à briser les codes habituels de la courtoisie politique américaine. Les « dark wokes » estiment que dans la guerre des idées, l’offensive est la meilleure défense.
Katen Doe

L'Obs

L'Obs, fondé en 1964 par Claude Perdriel et Jean Daniel, est un magazine hebdomadaire français d'actualité. Il est issu de France Observateur, qui à son tour est le successeur de L'Observateur politique, économique et littéraire né en 1950.

Press ESC to close