Robin des Bois: comment ce "bandit à la morale ambiguë" est devenu le justicier que l'on connaît aujourd'hui
Le film *On l’appelait Robin des Bois*, sorti en salles le 1er juillet, propose une réinterprétation sombre du personnage emblématique, incarné par Hugh Jackman. Réalisé par Michael Sarnoski, ce long métrage plonge dans une version violente et cynique du bandit, bien éloignée de l’image héroïque et altruite souvent associée à Robin des Bois. L’homme au costume vert n’y apparaît plus comme un protecteur des opprimés, mais plutôt comme un pillard sans scrupules, prêt à sacrifier même un enfant et rejetant publiquement toute idée de bienfaisance, qu’il assimile à une « farce ».
Si cette interprétation paraît inédite, elle s’ancre dans une tradition littéraire plus ancienne et moins idyllique. Le titre anglais, *The Death of Robin Hood*, et les travaux de l’historienne médiéviste Amy S. Kaufman, qui décrit le personnage originel comme un « bandit à morale ambiguë », y participent. Cette vision sombre trouve aussi des échos dans les premiers récits médiévaux, où Robin de Loxley, mentionné dès le XIVe siècle, apparaît déjà comme un hors-la-loi aux mœurs contestables, bien avant de devenir une figure populaire grâce à des textes comme *La Geste de Robin des Bois*, au XVe siècle.
Selon les spécialistes, cette évolution reflète la capacité du mythe à s’adapter aux époques et aux sensibilités. Si les versions modernes, comme celle de Disney ou les films classiques avec Errol Flynn, ont popularisé une image plus noble du personnage, *On l’appelait Robin des Bois* revient aux sources, questionnant la frontière entre légende et histoire, et révélant la part de violence et d’ambiguïté qui a entouré ce symbole dès ses premières apparitions.
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