Sortir l’Espagne de l’espace Schengen après Ceuta ? Impossible, en plus d’être peu utile
L’Italie a temporairement fermé l’espace Schengen à l’Espagne, déclenchant un débat politique européen, après l’afflux massif de migrants vers l’enclave espagnole de Ceuta, au Maroc. En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes ont rejoint ce territoire, mettant en lumière une crise migratoire majeure en Europe. Plusieurs gouvernements, dont le Danemark et la Finlande, ont soutenu l’idée italienne d’un renforcement des contrôles, tandis que certains partis politiques y ont vu une réponse à des préoccupations liées à la sécurité et à l’immigration.
Cette décision italienne, qualifiée d’« inévitable » par le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a été immédiatement suivie, le pays interdisant l’accès par voie maritime et aérienne aux non-Européens en provenance d’Espagne, pour une durée d’un mois. L’Espagne a dénoncé cette mesure comme disproportionnée et a convoqué l’ambassadeur italien.
Sur le plan juridique, les experts soulignent que l’exclusion unilatérale d’un pays membre de l’espace Schengen n’est pas prévue par les traités. Les mécanismes existants permettent seulement des contrôles temporaires et exceptionnels en cas de menace grave pour la sécurité intérieure. La Commission européenne et l’UE ont, pour leur part, rappelé que la crise concernait spécifiquement Ceuta et que les contrôles aux frontières externes de l’Union restaient la priorité. L’argument d’une déstabilisation de l’espace Schengen par l’afflux de migrants reste donc théorique et difficilement applicable dans ce cadre.
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