« Climatodénialisme » ou le climatoscepticisme en pire : « Plus les effets du changement climatique se font sentir, plus on rejette ceux qui les décrivent »

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur frappe la France peu après un épisode similaire fin mai 2026, le sociologue Albin Wagener analyse, pour le «Nouvel Observateur», la montée du climatoscepticisme et ses mécanismes dans le débat public. Les phénomènes météorologiques extrêmes, comme cette canicule exceptionnelle enregistrée en mai 2026, premier printemps le plus chaud depuis 1900, coïncident avec la propagation de discours remettant en cause le réchauffement climatique. Des déclarations, notamment celle de Pascal Praud sur CNews, qualifiant de «non exceptionnelles» des températures de 30°C en mai, sont pointées du doigt comme des catalyseurs d’un tel désengagement. Cette contestation s’accompagne d’un harcèlement accru envers les scientifiques et experts, comme l’a révélé l’agroclimatologue Serge Zaka, régulièrement ciblé sur les réseaux sociaux. Wagener décrypte ainsi un processus où la répétition de certains discits, souvent amplifiés par des figures médiatiques ou politiques, finit par créer une forme d’érosion du consensus scientifique auprès du public. Cette dynamique est renforcée par la multiplication des contenus affirmant que les phénomènes actuels ne dépasseraient pas des variations normales, occultant la tendance au réchauffement global. L’enquête souligne également le rôle joué par des personnalités dans la diffusion de ces messages, parfois à des fins commerciales ou idéologiques. Face à cette montée, les chercheurs et militant·es voient leur travail remis en cause, créant un climat de défiance qui complique la mise en œuvre de politiques publiques. Ce phénomène de climatoscepticisme, loin d’être anecdotique, représente un obstacle majeur à la mobilisation collective face à l’urgence écologique, alors que les signaux d’alerte se multiplient.
Katen Doe

L'Obs

L'Obs, fondé en 1964 par Claude Perdriel et Jean Daniel, est un magazine hebdomadaire français d'actualité. Il est issu de France Observateur, qui à son tour est le successeur de L'Observateur politique, économique et littéraire né en 1950.

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