« L’Etat de droit résiste, mais de moins en moins » : les inquiétudes de Jérôme Karsenti, avocat historique d’Anticor
Dans son livre « Corruptions », l’avocat pénaliste Jérôme Karsenti analyse le déclin de l’État de droit et l’empire du discours extrême dans l’espace public, qu’il associe à une dérive sécuritaire de la démocratie. Recueilli par Violette Lazard, son propos met en lumière une expérience professionnelle accumulée sur des procès majeurs de politique financière, comme ceux de Chirac, Bygmalion ou les sondages de l’Elysée, ainsi que sur la défense de lanceurs d’alerte et de victimes de discriminations ou de violences policières. De son observatoire, Karsenti décrit des institutions fragilisées par la peur du terrorisme islamiste, la montée des discours haineux tolérées et une immigration perçue comme incontrôlable, autant de facteurs contribuant à fragiliser l’État de droit. Il y voit une « démocratie malade », que peu d’acteurs politiques semblent en mesure de guérir, et dénonce un délitement institutionnel alimenté par une vision sécuritaire du monde. Le livre, dense et illustré de récits personnels, dépeint un espace public où la confiance s’effrite et où les gardiens de la légalité vacillent face aux pressions populaires et idéologiques. Karsenti, souvent sollicité pour ses combats contre la corruption via son association Anticor, y défend aussi la place du droit comme remède indispensable à l’emprise des discours de haine et des dérives répressives, plaidant pour une reprise en main démocratique face aux signaux d’alerte identifiés.
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