Les incels ont une « potentialité terroriste forte », alertent les renseignements français

Les services de renseignements français alertent sur la montée en puissance de la mouvance incelle, contraction de « involuntary celibate », qu’ils considèrent comme « la forme la plus préoccupante du masculinisme ». Dans une note consultée par « Radio France », la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pointe une « potentialité terroriste forte » associée à ces communautés en ligne, où des hommes expriment frustration et haine envers les femmes, qu’ils tiennent responsables de leur célibat. Les incels représentent aujourd’hui 10 à 20 % de la menace terroriste d’ultra-droite, la deuxième cause après le djihadisme, avec des appels à la violence contre les femmes. Les autorités mettent en avant l’aspect numérique et l’isolement de ce phénomène, qui rend l’évaluation des risques particulièrement délicate. Les profils des incels évoluent, touchant des individus de plus en plus jeunes, certains mineurs de 14 à 15 ans déjà radicalisés. Plusieurs dizaines de jeunes, pour la plupart très tôt, sont ainsi suivis par les services de l’État. Les enquêteurs soulignent aussi la convergence entre certaines idéologies incelles et l’ultra-droite. Face à des signaux faibles souvent disséminés dans l’espace virtuel, la tâche des services de renseignement se complique : difficile de distinguer le simple militantisme d’un projet terroriste avéré, nécessitant la surveillance de contenus extrêmes, comme la rédaction de manifestes ou la diffusion de vidéos de meurtres. Les experts doivent constamment identifier les véritables appels à la violence tout en respectant le cadre juridique et éthique lié au traitement de ces données. La menace incelle est ainsi prise très au sérieux, en raison de sa capacité à radicaliser des jeunes isolés et de son potentiel de passer à l’acte de manière imprévisible.
Katen Doe

Le HuffPost

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