« Tout doit changer » : en meeting à Paris, Gabriel Attal réinvente… le macronisme

Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance, a amorcé sa campagne pour l'élection présidentielle de 2027 lors d'un meeting organisé samedi 30 mai à la porte de Versailles, à Paris. Devant près de 4 000 supporters, l'ex-premier ministre a appelé à « changer le système », tout en tentant de s'affranchir du bilan d'Emmanuel Macron, dont il se présente comme le successeur désigné. Lors de cet événement, les éléments d'une stratégie de rupture avec le président sortant sont apparus. Valérie Hayer, députée européenne et première à réagir, a rappelé que le dernier meeting d'envergure similaire dans ce lieu s'était déroulé en 2016, avec Emmanuel Macron. « La dernière fois qu’on avait vu ça, c’était il y a neuf ans », a-t-elle souligné, plongeant dans les souvenirs du jeune candidat investi par La République En Marche. Pour les militants, la filiation reste une allégorie forte. Comme en 2016, le rassemblement autour d'un jeune leader aux ambitions présidentielles a suscité l'enthousiasme. Plusieurs soutiens ont ainsi salué « la jeunesse et la détermination » de leur candidat, le voyant comme « la suite logique » du projet d'Emmanuel Macron. Cependant, le contexte a profondément changé. Si l'ancien président est perçu comme ayant « perdu de son pouvoir d'action » et est devenue impopulaire auprès d'une partie de l'opinion, le discours de Gabriel Attal vise à exploiter cette situation. En dénonçant le besoin de « changer le système », il tente de capter l'espace politique laissé vacant par l'actuel chef de l'État, tout en se présentant comme l'alternative crédible pour les électeurs en quête de renouveau.
Katen Doe

L'Obs

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