« Une bombe humaine écologique » : en Antarctique et au pôle Nord, le tourisme dope les virus

Des biologistes argentins ont mené une mission de capture de rongeurs sur l’archipel de la Terre de Feu, à Ushuaïa, dans le sud du pays. Cette opération, menée le 18 mai, visait à prélever des rats susceptibles de porter la souche « Andes » du virus hantavirus. Les scientifiques ont capturé quelque 150 rongeurs, sans toutefois identifier, à ce stade, de rat à longue queue, considéré comme le principal vecteur de cette souche. L’expédition s’inscrit dans le cadre de l’enquête sur une épidémie d’hantavirus survenue à bord du navire d’expédition polaire Hondius. Le virus, suspecté d’avoir été introduit par un rongeur, a touché plusieurs personnes parmi l’équipage et les passagers du navire ces derniers mois. Jacky Bonnemains, biologiste et coordinateur du projet, a mis en avant le rôle des décharges d’Ushuaïa, ville de 80 000 habitants, dans la propagation potentielle du virus. Ces sites, où sont déposés les ordures ménagères et les déchets alimentaires des navires expéditionnaires reliant la Patagonie subantarctique à la péninsule Antarctique, constituent un environnement propice aux rongeurs. Ces derniers y trouvent nourriture et abri, facilitant ainsi leur reproduction et leur dispersion. L’objectif de la recherche est de mieux comprendre les dynamiques de transmission du virus hantavirus et d’identifier les facteurs à risque dans cette zone géographique particulière, frontalière de l’Antarctique.
Katen Doe

Le Parisien

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